Mon recueil La Colline de Torgenn Sakr et autres nouvelles fantastiques n’est pas seulement une série d’histoires étranges. C’est un laboratoire symbolique, une traversée initiatique inspirée des trois grandes phases de l’alchimie : Nigredo (l’Œuvre au noir), Albedo (l’Œuvre au blanc) et Rubedo (l’Œuvre au rouge).
Chaque personnage, chaque lieu, chaque faille intérieure raconte une transformation possible — ou son échec. Ce ne sont pas des héros : ce sont des âmes en crise, en chute, en mutation. Des êtres confrontés à la perte d’identité, au vertige d’exister, à la frontière entre humain, machine, mémoire et oubli.
Au cœur de ce processus se cache ce que les anciens alchimistes nommaient la Materia Prima : la matière brute de l’âme. Dans mon livre, cette matière est le moi fragmenté, l’humain disloqué, l’errant contemporain. Et le dissolvant que j’utilise n’est pas chimique : c’est le doute, la dépossession, l’expérience du trouble.
Le creuset ? C’est la fiction elle-même.
Le feu ? C’est le langage.
Et la pierre philosophale tient parfois dans un regard, un geste, une rédemption muette.
Ce recueil est donc un voyage symbolique, un Grand Œuvre narratif où le fantastique devient un miroir : celui de notre époque, et de nos propres transmutations intérieures.